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Référence bibliographique

Parinet B., Lhôte A., Legube B. et M.A. Gbongue (2000). Étude analytique et statistique d'un système lacustre soumis à divers processus d'eutrophisation. Rev. Sci. Eau 13 (3) : 237-267.

Texte intégral (PDF)

Résumé

L'étude des phénomènes d'eutrophisation se heurte essentiellement à deux difficultés qui sont inhérentes d'une part, à la diversité spatio-temporelle des eaux superficielles, et d'autre part, à l'action qu'exercent en retour les phénomènes d'eutrophisation sur ces eaux.

  • La diversité spatio-temporelle des systèmes aquatiques s'accompagne d'une diversité des phénomènes d'eutrophisation qui en sont le siège et a pour conséquence de rendre difficile sinon impossible l'établissement de critères de comparaisons entre les différents systèmes aquatiques. Dans ces conditions il est peu aisé de faire le choix objectif d'un état de référence universel qui seul permettrait de déterminer de manière absolue le niveau trophique d'une eau.
  • La deuxième difficulté, et sans doute la plus grande, est liée à l'action qu'exercent les phénomènes d'eutrophisation sur les variables analytiques du système. Cette action a pour conséquence de rendre les valeurs intrinsèques de ces variables impropres à l'étude de ces phénomènes et de leur évolution. Ces variables étant liées simultanément aux causes et aux conséquences des diverses manifestations des phénomènes d'eutrophisation.

Les 10 lacs que nous avons étudié ici, présentent l'avantage peu courant d'être alimentés par les mêmes eaux traversant une zone géographique restreinte et par conséquent géologique et climatique identique. Ils sont soumis à l'influence d'activités agricoles ou urbaines différentes mais bien identifiées, entraînant pour ces eaux des caractéristiques trophiques différentes. Dans un tel cas, il aurait pu sembler a priori possible d'établir une classification des différents états trophiques des lacs. Cependant, même dans une situation aussi idéale, et essentiellement à cause des deux difficultés mentionnées précédemment, nous tentons de montrer ici qu'il n'en est rien. Cela amène les commentaires d'ordre général suivants:

  • Si pour le système lacustre étudié ici, probablement parmi les plus idéaux, il est difficile à partir des critères généralement retenus dans la plupart des études, (nutriments azotés, phosphorés , chlorophylle, oxygène dissous, etc.) d'établir un classement trophique, il semble a fortiori peu probable que cela puisse être réalisé sur des systèmes moins idéaux.
  • La littérature actuelle fait clairement apparaître ce problème majeur. Cependant pour y remédier, elle propose généralement de faire le choix d'autres indicateurs physico-chimiques ou même biologiques qui, pour les mêmes raisons, semblent également voués à l'échec.

En conclusion de cette étude, nous proposons donc d'abandonner de tels indicateurs liés au milieu et de choisir de nouveaux critères qui prendraient en compte les perturbations apportées par le phénomène aux interactions liant les variables analytiques: les différents états trophiques d'une eau étant probablement mieux caractérisés par les différents états des relations liants les variables analytiques que par les valeurs intrinsèques de ces variables.

Mots clés

Qualité des eaux, eutrophisation, lacs tropicaux, variables physico-chimiques, niveaux trophiques.

Correspondance

Bernard Parinet, Laboratoire de Chimie de l'Eau et de l'Environnement, ESIP, 40 Avenue du Recteur Pineau, Poitiers, FRANCE

Courriel : Bernard.Parinet@esip.univ-poitiers.fr
Téléphone : (33) 5 49 45 39 18 / Télécopieur : (33) 5 49 45 37 68

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Mise à jour: 2006-12-22
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